LE MURMURE, DE CHRISTIAN BOBIN
Pour
J-M et Sabine
Un de ces chers amis que la
vie, derrière un coin innattendu, tu trouves comme un cadeau inespéré du ciel
et dans un moment de détresse, me demandait ces derniers jours au téléphone qu’est
ce que je voulais qu’il m’emmena de la loingtaine et toujours bien aimée, dans ma mémoire et mon coeur, éternelle ville
de Bruxelles. Moi, sachant que je ne pourrais jamais lui correspondre et m’élever
à l’hauteur de sa bienveillance, termina pour lui demander simplement un livre en
francais, de manière à relire dans la langue de Rimbaud, Balzac ou Victor Hugo,
entre autres, les beaux mots, les belles
phrases, les savantes sentences de l’exquise langue de la Gaule et de la révolution
francaise, que je commence à oublier, faute de la conquête de l’anglais et de
la puissance de ma langue maternelle, l’espagnol.
Au lieu d’un, il s’est
présenté avec quatre: Contes des sages maoris, de Céline Ripoll, éditions
Seuil; La République Romaine, auteur Isaac Asimov, éditions Les Belles Lettres,
toujours un best-seller; le prix Goncourt 2023, Veiller sur elle, de Jean-Baptiste
Andrea et un, apparemment modeste bouquin, Le murmure, de Christian Bobin,
éditions Gallimard, que je viens de terminer sa lecture et qui m’a fait un
grand plaisir et la raison de ces commentaires, comme d’abandonner pour le moment
la lecture de Juan Simeón Vidarte, Nous étions tous coupables, sur la République
éspagnole et la guerre civile que j’avais en mains.
Le murmure, de Christian
Bobin, c’est un beau, gentil et très humain livre de poésie moderne, dans
lequel on voit que c’est sa propre vie qui se promène devant lui, probablement
lors de ces derniers jours sur terre, illustrant tout cela avec des aphorismes qui
sont comme une lanterne au milieu de la nuit ou du brouillard pour montrer le
chemin aux hommes dans leur pèlerinage au monde.
Voici quelques éclosions, d’un poète atypique, comme des épigrammes, d’une enorme beauté et
découverte:
L’écriture est un linge frais tendu sur un fil d’encre.
…m’ont dit qu’il était vieux. Mais qu’appelle-t-on vieux, exactement?
Pour moi, cela désigne le plus haut d’une flamme.
La sensibilité s’est retirée du monde. Elle a laissé la place à la
précision. Si j’étais lune, je commencerais à faire mes valises…
La musique est une boucle de cheveux dans une enveloppe avec un prénom
dessus.
Une rose est un temple dont les murailles circulaires sont plus légères
que l’air. Son parfum est un voile qui protege, au centre tu temple, quelque
chose qu’on ne sait bien nommer: le vide, l’amour, la perte –ou notre visage
reconnu, rendu à nous-même.
Ouvrir un livre, c’est réveiller la mère qui viendra enfin prendre soin
de nous.
Je n’ai pas souvenir d’avoir été un jour bercé et ce manque m’a ouvert
le royaume de la lectura et celui de l’écriture, les deux plus grandes forces
au monde.
Pendant que Dieu est poussé dans les chambres à gaz de la Seconde
Guerre mondiale, le peintre Matisse découpe des papiers colorés. C’est gràce
aux éclairs de ses grands ciseaux que les ténèbres n’ont pas définitivement
refermé leurs bras sur les humains.
Personne n’est moins seul que celui qui écrit. Toute la vie fait cercle
autor du feu d’encre noire.
Nous dormons adultes sur les genoux de nos mères mortes et enterrées.
Le mariage d’amour est l’acte angélique absolu. Même les criminels et
les idiots en rêvent.
Le soleil est un chien qui mord le passant. La lune est l’indulgence
même…
Demain ne m’apporte plas de fleurs. Je ne veux pas qu’elles soient
tristes.
En Espagne est bien connue
cette maxime de qui a un ami a un trésor,
par conséquent je fais honneur à la même, parce que seulement à travers ces
lettres murmurées tendrement, sans vouloir faire du bruit, ce livre de
Christian Bobin, une fois achevée sa lectura est un vrai trésor et la sélection
des livres pour me faire cadeau, un parfait choix parfaitement choisi.
Un tout grand merci!

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